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Le slow travel : la formule de voyage idéale pour les retraités

Randonneurs assis admirant le paysage

Né en 1999 en Italie, le slow travel est une réponse aux nombreux excès et inconvénients du tourisme de masse. Le pratiquer implique de s’intéresser à tout ce qui fait l’identité d’une ville, d’une région ou d’un pays. C’est aussi respecter l’environnement naturel et, surtout, prendre le temps de savourer. En cela, il apparaît comme une évidence : le slow travel est le mode de voyage parfait par les retraités.

L’avènement du tourisme lent

Le tourisme de masse est né dans les années soixante du siècle dernier avec l’apparition des congés payés. Depuis, il n’a cessé de se développer. Aujourd’hui, la Méditerranée, première région touristique mondiale, accueille 200 millions de visiteurs chaque année. Cela fait beaucoup de monde, beaucoup de bruit et beaucoup de pollution.

Les avantages et les inconvénients du tourisme de masse

La démocratisation des voyages a certainement été une bonne chose pour ce qu’on appelle la classe ouvrière. Eu égard à la manne financière engendrée par l’industrie touristique, ce fut également très bon pour l’économie des pays hôtes. Ainsi, en Espagne, leader mondial du tourisme, ce secteur représente près de 12 % du PIB. Aux Canaries, il en dépasse le tiers et rassemble près d’un emploi sur deux. Le revers de la médaille laisse apparaître de nombreux inconvénients :

  • la production en masse de déchets,
  • l’importante pollution liée aux transports et à la concentration des populations estivales,
  • le gaspillage des énergies et surtout de l’eau1,
  • la mise en danger des sites naturels par la pollution et la destruction des écosystèmes,
  • l’engorgement des grands sites touristiques avec toutes les nuisances que cela comporte,
  • l’augmentation des prix au détriment des habitants : logement, services, coût de la vie, etc.

Le tourisme de masse est mis à mal depuis quelques années. Face à ses dérives, les autorités sont de plus en plus contraintes d’imposer des quotas. Le nombre de visiteurs est limité tandis que les prix augmentent. Malgré l’apport financier du tourisme, certaines populations locales en ont marre du déferlement humain qu’elles subissent à la haute saison. On voit de plus en plus de manifestations hostiles comme, par exemple, en Catalogne, au Pays basque ou en Bretagne. Enfin, la pandémie de 2020 et 2021 a donné quelques coups au tourisme de masse. Celui-ci n’est pas mort, mais il est un peu moins fringant qu’auparavant. Il y a donc de la place pour une autre forme de tourisme. Bienvenue au slow travel !

L’historique du slow travel

En 1986, Carlo Petrini, journaliste italien, lance le slow food (littéralement : nourriture lente). Le déclencheur de ce mouvement est l’implantation d’un McDonald’s en plein centre de Rome. L’objectif est la défense de la cuisine de qualité, que l’on savoure en prenant son temps.

Du slow food au slow travel

Par extension, ce mouvement est devenu, au fils des années, un mode de vie : le mouvement slow ou la slow life. L’idée est de ne plus accepter de suivre le rythme effréné et stressant imposé par le travail et la vie quotidienne. C’est apprécier chaque instant, favoriser la connexion avec l’environnement naturel et l’authenticité. Le slow travel est l’intégration de ce mouvement au monde du voyage.

Le slow travel comme véritable philosophie de voyage

D’abord qualifié de marginal, ce mode de voyage s’est lentement « démocratisé ». La perception de notre empreinte écologique joue certainement un rôle dans cette évolution. On le sait, il n’y a pas de plan B pour notre planète. Mais cela va plus loin que l’aspect écologique et environnemental. Cela touche aussi à la pleine conscience (être conscient du moment présent) et à la volonté de faire plutôt que de juste voir.

Les principes du slow travel

Il n’existe pas de définition précise du slow travel. Chacun peut se l’approprier ; il s’agit plus d’un état d’esprit, d’une manière d’agir que d’une formule standard. Et il n’y a pas de traduction satisfaisante en français. On parle de tourisme lent (je n’aime pas trop) ou, davantage, de slow tourisme. J’aime encore moins cette appellation, car voilà une association hybride des langues de Shakespeare et de Molière ! Par ma part, j’ai choisi d’utiliser la formule anglaise : slow travel.

Cette longue parenthèse linguistique fermée, intéressons-nous, en 5 points, à ce qui oppose le slow travel au voyage traditionnel. Nous aurions pu aussi de tourisme de masse ou surtourisme pour désigner ce dernier.

1. Partir, c’est déjà voyager

  • Tourisme traditionnel : utiliser l’avion, car c’est le moyen le plus rapide d’arriver à destination, opter parfois par des destinations exotiques ;
  • Slow travel : le trajet fait partie du voyage. Personnellement, j’ai toujours pensé que le voyage commence une fois la clé retirée de la serrure de son domicile. Préférer voyager moins loin, mais mieux. Bannir l’avion (trop polluant) et préférer le train. Pour se rendre sur les îles, le ferry est une option plus agréable et plus respectueuse de la nature (3 fois plus que l’avion).  

2. Se déplacer de manière écologique et sociale

  • Tourisme traditionnel : louer une voiture, car c’est pratique et rapide ;
  • Slow travel : favoriser les activités douces comme la randonnée, le cyclisme, la navigation à voile ou à rames. Utiliser les transports en commun ; ils sont bon marché et permettent de côtoyer la population locale.

3. CHOISIR La qualité plutôt que la quantité

Les touristes ont horreur de regarder. L’appareil regarde pour eux. Quand ils ont fait clic-clac, ils sont apaisés, ils ont amorti leur voyage. Les piles de photos qu’ils conservent sont autant de diplômes certifiant qu’ils se sont déplacés.

Jean Dutourd, écrivain.
  • Tourisme traditionnel : maximiser les visites. Vouloir voir le plus de choses possible et s’engager dans une course contre la montre. Voir plutôt que profiter ;
  • Slow travel : limiter la région à explorer et ne sélectionner que quelques points d’intérêts afin d’avoir le temps d’en tirer pleinement profit.

4. VOULOIR UNE expérience personnalisée

  • Tourisme traditionnel : vivre des expériences communes, celles que les guides touristiques mentionnent comme « à voir absolument » ;
  • Slow travel : vivre des expériences plus authentiques et personnalisées. Ne pas toujours s’en tenir à l’itinéraire touristique recommandé et oser se perdre. C’est la meilleure chance d’avoir de bonnes surprises et de faire de belles rencontres.

5. CHOISIR UN VOYAGE ENRICHISSANT

Marché de produits locaux

  • Tourisme traditionnel : passer le plus clair de son temps dans l’hôtel et, peut-être, prendre part à l’une ou l’autre excursion organisée ;
  • Slow travel : visiter les marchés et les boutiques proposant les productions artisanales. Aller manger dans les restaurants qui offrent la cuisine traditionnelle ou préparer ses repas avec les aliments locaux. Fréquenter la population locale et s’adapter à son rythme et à son mode de vie. S’intéresser au patrimoine, à l’histoire, aux traditions et à la langue du lieu visité.

Le slow travel, LE MODE DE VOYAGE idéal pour les seniors

Les seniors sont de grands consommateurs de voyages. Ils sont plus expérimentés, ce qui les pousse à rechercher de nouvelles expériences. Ils souhaitent vivre intensément leurs voyages et que ceux-ci soient parfaitement adaptés à leurs attentes.

Selon le dicton, le voyage est la seule chose qu’on achète et qui nous rend plus riches. Les retraités veulent continuer à apprendre et à s’épanouir. Le slow travel leur donne l’occasion de s’enrichir sur le plan culturel. C’est bon pour leur santé, mais c’est également bénéfique pour leur moral. Pratiquer des activités culturelles est une des meilleures manières de profiter de la vie.

Quand on évoque la retraite, on pense à la liberté temporelle. C’est vrai que, débarrassés des contraintes de la vie active, nous nous retrouvons, en principe, avec plus de temps libre. Autant utiliser celui-ci à bon escient. Le slow travel est la façon idéale de profiter des séjours plus longs, que peuvent s’octroyer les seniors.

Le slow travel est accessible à chacun de nous. C’est juste une question de volonté et de motivation. Il est adapté aux attentes des seniors qui souhaitent s’enrichir par le voyage. Et il est idéal pour les adeptes de l’hivernage – vivre l’hiver au soleil et de la retraite semi nomade.    

1 Selon les chiffres fourni par le gouvernement, la consommation quotidienne moyenne en eau potable est de 149 litres en France. Dans les hôtels de vacances, elle oscille entre 300 et plus de 800 litres pour les établissements les plus luxueux.

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