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Le tourisme de masse et ses dérives : changeons et arrêtons le massacre !

Plage bondée

Les inconvénients du tourisme de masse sont de plus en plus pointés du doigt. Dans les régions les plus fréquentées, les populations locales sont au bout de l’asphyxie. Elles manifestent pour que les autorités prennent des décisions fortes. Oui, mais voilà, les enjeux économiques sont considérables. Il n’est pas facile de renoncer à l’importante manne financière déversée par les millions de touristes.

Le poids du tourisme de masse dans l’économie mondiale

Le tourisme de masse naît dans les années cinquante du siècle dernier. Depuis, il ne cesse de prendre de l’ampleur jusqu’à atteindre son pic en 2019. Les deux années qui suivent, la crise sanitaire marque un fameux coup d’arrêt. D’aucuns annoncent la mort du surtourisme. Mais les chiffres contredisent ces prédictions, car le niveau d’avant la pandémie est déjà retrouvé. Mieux, 2024 s’annonce comme une année record !

Les enjeux économiques

Le tourisme pèse très lourd, car c’est le 3e secteur de l’économie mondiale. Selon le site tourmag.com, les recettes mondiales de 2023 s’élèvent à 1 700 milliards de dollars. Et chaque année, la France accueille une centaine de millions de touristes internationaux.  

L’Organisation mondiale du travail (OIT) indique que le tourisme fait travailler environ 230 millions de personnes. Avec les emplois indirects, cela représente environ 10 % de la main d’œuvre mondiale.

Le chemin du développement

Les pays les plus visités (Europe occidentale et Amérique du Nord) ont tous une économie forte. Mais une tendance se dessine depuis peu avec l’émergence de pays en voie de développement. Il s’agit notamment des pays d’Afrique noire. Ceux-ci comprennent que leur place sur l’échiquier mondial passe par le développement de leur accueil touristique. 

Les avantages et les inconvénients pour les voyageurs

Le tourisme de masse joue un rôle social important. En effet, il permet à un plus grand nombre de profiter des richesses touristiques de notre planète, autrefois réservées aux plus riches. Et la démocratisation du voyage a rendu les destinations exotiques plus accessibles.

Mais les grands complexes hôteliers font tout pour garder leur clientèle sur place. Les formules all inclusive et les nombreuses activités n’incitent pas les vacanciers à sortir de leur hôtel. Et s’ils le font, c’est souvent lors d’excursions organisées pour lesquelles ils passent la majeure partie du temps dans des trajets fatigants. Les vacanciers se retrouvent souvent dans des endroits bondés, à la réputation surfaite et où la qualité du service laisse à désirer.

Foule compacte de touristes en visite

Les effets néfastes du tourisme de masse

Les deux grandes victimes du surtourisme sont le milieu naturel et les populations locales. Celles-ci ont l’avantage sur la nature de pouvoir se faire entendre. Depuis quelques années, et le phénomène s’intensifie, elles manifestent contre la présence des trop nombreux touristes. Un peu partout où le tourisme de masse sévit, des actions sont menées. Barcelone, Malaga, les Baléares, les Canaries. C’est en Espagne, première destination mondiale des vacances balnéaires, que la pression est la plus forte. Mais tous les lieux à haut potentiel touristique sont dans le cas.

L’impact du tourisme de masse sur la qualité de vie des locaux

Les populations locales souffrent des effets néfastes du surtourisme. Les principaux problèmes qu’elles rencontrent sont :

  • la saturation : 95 % des touristes séjournent sur 5 % de la surface terrestre. Les grandes stations balnéaires voient leur population multipliée par 10 à la haute saison. Les rues et les plages sont bondées, les nuisances de toute sorte sont nombreuses. Bref, cela détériore fortement la qualité de vie des habitants ;
  • la perte d’authenticité : pour faire face aux flux de touristes, les commerces de proximité font place à des bars et à des boutiques de souvenirs made in China. Les traditions et les rites religieux deviennent des attractions touristiques et perdent de leur essence ;
  • les prix de l’immobilier flambent. Cela rend l’accès à la propriété quais impossible pour la très grande majorité des locaux. À Barcelone, par exemple, les loyers ont augmenté de 68 % en 10 ans. La prolifération des hébergements saisonniers provoque une grave pénurie de logements ; des quartiers entiers meurent dans certaines villes ;
  • les incivilités et les délits se multiplient et le tourisme sexuel se banalise.

Les dégâts sur le milieu naturel

Les impacts négatifs du tourisme de masse sont la surconsommation des énergies, la destruction des espaces naturels et la pollution.

Les principales menaces pour la nature

Il s’agit essentiellement de :

  • la surconsommation : les besoins en ressources naturelles sont colossaux. L’électricité et surtout l’eau (douches et piscines) sont utilisés sans compter dans les hôtels. Ceux-ci sont aussi responsables d’une surconsommation et d’un gaspillage en nourriture (merci la formule all inclusive !) ;
Buffet de repas d'un hôtel débordant de gâteaux de toutes sortes

  • la destruction de la nature : déforestation et réduction des espaces naturels pour le développement des infrastructures touristiques, la bétonisation des côtes, le piétinement de la végétation et l’érosion des sols fragiles, la destruction de coraux ;
  • le comportement non approprié à l’égard des animaux. Certains individus n’hésitent pas à capturer et à torturer certaines espèces pour les prendre en photo.

La pollution

La plus grosse pollution causée par le tourisme est celle liée aux transports. Elle représente 5 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre. Les avions sont évidemment les premiers concernés, mais n’oublions pas les paquebots. Un navire de croisière à l’arrêt dans un port d’escale polluerait autant qu’un million de voitures ! Sont également producteurs de pollution de l’air tous les déplacements à destination. À cela, il faut encore ajouter les transports pour livrer tous les produits que consomment les touristes.

La pollution de l’eau est également à déplorer. Les eaux usées ne sont pas toujours bien traitées (ou ne le sont pas du tout dans certains pays). L’eau est souillée par les résidus de crème solaire. Relevons aussi les détritus qui s’accumulent. 52 % de ceux présents en Méditerranée seraient dus au tourisme de masse. Et puis il y a les tonnes de déchets abandonnés n’importe où et sans scrupules par des touristes sans savoir vivre. Pour terminer, notons la pollution sonore causée par le trafic des voitures et motos. Une fois la nuit tombée, c’est la musique intempestive, les discussions interminables ou les cris des certains vacanciers éméchés.

Les actions menées par les autorités pour lutter contre le surtourisme

Pour les sites les plus fréquentés, l’objectif n’est plus de développer le tourisme. Mais des villes comme Venise, Dubrovnik ou encore Amsterdam, ne peuvent pas s’en passer. Nous l’avons vu, les enjeux financiers sont trop importants. Confrontées à la problématique du surtourisme, les autorités se concentrent sur les moyens de canaliser et limiter les flux de touristes. 

La limitation du nombre de touristes

Différentes décisions sont prises selon les sites, les villes et les pays, telles que :

  • la fixation de quotas du nombre de touristes dans un même lieu ;
  • la réduction des heures de visite de certains sites comme c’est le cas à Machu Picchu au Pérou ;
  • l’instauration d’une taxe touristique ou l’augmentation de la taxe de séjour ;
  • l’application d’un prix d’entrée à des lieux autrefois libre d’accès ;
  • la limitation du nombre absolu de locations touristiques dans une ville, voire un quartier. Dans certaines villes comme à Annecy ou Saint-Malo, il existe désormais un quota fixant le nombre maximum de nuitées par logement.
Hébergement touristique proposé par la plateforme de réservation Airbnb

Les actions mises en place peuvent être contraignantes, voire drastiques. Par exemple, vous ne pouvez rouler qu’un jour sur deux avec votre voiture de location sur la côte amalfitaine. Quant à Barcelone, la ville menace d’interdire les locations touristiques dès 2029 !

La lutte contre la pollution

Voici quelques exemples de décisions visant à réduire la pollution causée par le surtourisme :

  • Venise et Barcelone interdisent l’accostage de paquebots de croisière, responsables d’une importante pollution. En ce qui concerne la cité italienne, ils causaient également de graves dégradations aux soubassements des bâtiments ;
  • Venise entend aussi combattre les nuisances sonores. La ville limite désormais les groupes à 50 personnes et interdit aux guides l’usage de hauts-parleurs. À Bali, la location de motos est interdite et au Portugal, la musique trop forte est prohibée sur les plages.

Venise, encore elle, a pris une décision originale pour lutter contre les déchets laissés par les visiteurs. Les agents d’entretien sont tenus de s’affairer devant les principaux sites touristiques de la ville durant l’heure du déjeuner. L’objectif est de dissuader les touristes de s’y attarder pour pique-niquer.

L’adaptation de l’offre touristique

Le poids financier du tourisme contre la qualité de vie des populations et la sauvegarde des espaces naturels. Comme dit cette vieille expression, les autorités doivent ménager la chèvre et le choux. Car ces intérêts contraires sont difficilement compatibles. Alors plutôt que contraindre ou interdire, la solution passe certainement pas l’éducation des voyageurs. L’idée est d’étaler les flux touristiques à la fois dans le temps et dans l’espace.

Une tendance se dessine ces dernières années, notamment en France, et commence à prendre de l’ampleur. Elle vise à développer le tourisme des 4 saisons afin de diluer le nombre de visiteurs sur l’année entière. Les autorités chargées de promouvoir le tourisme mettent en avant les avantages des séjours en dehors de la haute saison. Eh oui, cela peut être vraiment très intéressant de partir hors saison ; je vous en parle ici. Cela peut aussi permettre de pérenniser les stations de sports d’hiver, qui souffrent du manque grandissant de neige. En outre, les efforts des services touristiques portent sur la promotion des régions moins courues, mais pourtant très attractives.

Et si LA solution venait de nous, amoureux du voyage ? Nous sommes en effet de plus en plus nombreux à ne plus vouloir de ces vacances standardisées. Nous voulons vivre des expériences uniques, sur mesure, qui nous correspondent vraiment. C’est pourquoi les formules alternatives, comme le couchsurfing, le wwoofing et surtout le slow tourisme ont le vent en poupe. Et vous, avez-vous déjà essayé l’une de ces nouvelles tendances ?

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