Où vivre sa retraite ? Passer toute l’année au soleil est sans doute le souhait de la majorité des retraités. Mais les destinations ensoleillées présentent souvent des inconvénients. Mauvaise qualité des services de santé et des infrastructures, instabilité politique, insécurité, risques naturels ou climatiques sont à prendre en considération. Alors, comment choisir sa destination pour y vivre une retraite heureuse ? Voici 6 critères essentiels pouvant vous aider à faire le bon choix.
1. Le climat : vivre sa retraite au soleil ou pas
Pour la plupart d’entre nous, la retraite heureuse s’envisage au soleil. Fermons les yeux et imaginons la destination idéale : une plage de sable blanc, une mer chaude et turquoise et nous, allongés à l’ombre des palmiers ou des cocotiers. Ah oui, j’allais oublier : nous sirotons de délicieux cocktails colorés. Évidemment, cette image idyllique nous fait davantage rêver que celle d’une journée sombre et humide dans un faubourg gris et triste.
Mais notre choix sera différent selon notre objectif. Cherchons-nous à passer l’hiver au soleil ou s’agit-il de trouver l’endroit pour le reste de notre vie ? Quel que soit notre souhait, le climat est sans doute le premier facteur qui intervient dans le choix de sa destination.
La retraite au soleil ou l’hivernage au chaud
La réflexion sera différente selon qu’il s’agisse de passer quelques semaines ou de s’expatrier. Par exemple, les mois les plus agréables pour séjourner en Thaïlande vont de novembre à février. En revanche, le printemps y est torride tandis que l’été et l’automne sont les saisons des pluies avec une humidité ambiante permanente. Autre exemple : l’Andalousie. La meilleure période pour visiter ses trésors, ses villes et ses fameux villages blancs s’étale de fin octobre à début mai. Mais déambuler dans les rues de Séville sous la canicule de l’été peut devenir un véritable calvaire.
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L’indice climatique
Les éléments de base qui déterminent l’indice climatique sont la température, les précipitations et la durée d’ensoleillement. Mais pour évaluer le confort climatique, il faut aussi y englober l’amplitude des températures, le taux d’humidité et la force du vent.
De manière générale, on considère que notre confort thermique se situe entre 9 et 26°. Au-delà et en deçà et plus l’écart augmente, notre métabolisme souffre. Outre les températures extrêmes, les autres indices de risques climatiques sont la sécheresse grave, les pluies torrentielles et les vents violents.
Le site numbeo.com classe les 10 pays avec le meilleur indice climatique comme suit : 1. Kenya – 2. Équateur – 3. Colombie – 4. Argentine – 5. Maroc – 6. Uruguay – 7. Pérou – 8. Portugal – 9. Brésil – 10. Chypre. L’ Espagne se positionne à la 18e place, l’Italie est 23e et la France pointe en 27e position.
2. Les catastrophes naturelles : Les régions à éviter

Facilitées par l’activité humaine, favorisées par le dérèglement climatique ou dues aux forces de la nature, elles ont souvent des conséquences dramatiques.
Les effets néfastes de l’activité humaine
La condensation de la population, l’urbanisation à outrance et le manque de précautions sont responsables de nombreuses catastrophes dites naturelles. L’exemple récent le plus frappant est celui des inondations dans la région de Valence en Espagne. Elles ont causé la mort d’au moins 223 personnes. Quant aux dégâts matériels et aux conséquences économiques, on les estime à plus de 50 milliards d’euros !
Les incendies sont un autre fléau dont les conséquences humaines, matérielles et écologiques sont considérables. Souvent provoqués par la maladresse, mais parfois déclenchés volontairement, les feux de forêt peuvent être particulièrement meurtriers. Séjourner dans des régions fortement boisées est aujourd’hui un risque à mesurer. Rappelons-nous le Portugal (64 morts en juin 2017), la Grèce (91 victimes en juillet 2018) ou encore la Californie (88 décès en novembre 2018).
La force destructrice des vents violents
Selon la région, ils portent le nom de tempête, de tornade, de cyclone, de typhon ou d’ouragan. La Floride, les Caraïbes, l’île Maurice, La Réunion, Tahiti ou d’autres îles exotiques vous font rêver ? N’oubliez pas que toutes ces régions sont situées dans les zones de vents violents fréquents. Ceux-ci, dépassant parfois les 250 km par heure, anéantissent pratiquement tout sur leur passage.
L’activité sismique
Éruption volcanique, tremblement de terre, tsunami : la croûte terrestre est l’objet permanent de phénomènes susceptibles d’occasionner une catastrophe naturelle. Toutes les parties du monde sont concernées, mais certaines zones présentent un risque élevé d’activité sismique intense. Pour l’Europe, il s’agit essentiellement de la Méditerranée. En Asie, les régions à risque sont la chaîne de l’Himalaya, le Japon et l’Indonésie. Pour ce qui est des Amériques, c’est la Californie, la mer des Caraïbes et les Andes.
Lorsqu’ils se produisent dans les fonds marins, les éruptions et les séismes provoquent des tsunamis avec des vagues de plusieurs dizaines de mètres de haut. Nous avons encore tous en mémoire le tsunami qui a frappé la côté pacifique du Japon en 2011. Mais c’est celui déclenché le 26 décembre 2004 au large de Sumatra qui a eu, et de loin, les conséquences les plus meurtrières. Environ 250 000 personnes y ont perdu la vie !
3. Le coût de la vie : augmenter son pouvoir d’achat

Tout comme le climat, le coût de la vie est un élément essentiel dans le choix de sa destination de retraite. Le coût de la vie d’une ville, d’une région ou d’un pays se mesure selon différents critères. Le plus important est ce qu’on appelle le « panier de la ménagère ». Il s’agit des dépenses courantes pour l’alimentation, les vêtements et l’entretien. Mais il faut aussi tenir compte du coût du logement, qu’il s’agisse de l’acquisition ou de la location. Enfin, il y a les dépenses consacrées aux loisirs et au restaurant.
Le classement selon le site Numbeo
Le site numbeo.com établit, deux fois par an, le classement des pays selon l’indice du coût de la vie. Sans grande surprise, la Suisse occupe la 1re place, suivie des Bahamas et de l’Islande. C’est évidemment l’autre extrémité du classement qui nous intéresse pour découvrir les pays les meilleurs marchés. Voici le Top 10 : 1. Pakistan – 2. Libye – 3. Égypte – 4. Inde – 5. Bangladesh – 6. Tanzanie – 7. Syrie – 8. Madagascar – 9. Paraguay – 10. Népal. Mouais ! Pas beaucoup de destinations qui font rêver dans cette sélection, à part peut-être Madagascar. Il faut donc élargir le spectre de notre analyse.
Le classement avec plus de critères
Ajoutons d’autres critères comme des infrastructures satisfaisantes, un niveau de sécurité suffisant et un climat agréable une bonne partie de l’année. Nous obtenons alors le classement suivant : 1. Vietnam – 2. Maroc – 3. Turquie – 4. Thaïlande – 5. Monténégro – 6. Portugal – 7. Espagne – 8. Croatie – 9. Costa Rica – 10. Grèce. Pour les 4 premiers classés, la vie y est particulièrement avantageuse en tant que retraité·e venant d’un pays occidental. Une personne seule peut se loger dans un appartement 1 chambre et supporter toutes ses dépenses courantes pour moins de 1 000 € par mois.
4. La qualité de vie : Tendre vers le bonheur

La qualité de vie regroupe plusieurs notions qui permettent de déterminer le niveau de confort et de bien-être.
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L’indice de qualité de vie selon Numbeo
Continuons avec le site numbeo.com. Celui-ci dresse son classement sur base du coût de la vie et de l’indice climatique. Mais il y ajoute d’autres critères :
– le pouvoir d’achat,
– le rapport entre le coût de l’immobilier et le revenu moyen,
– le niveau de sécurité,
– la qualité et l’accessibilité des soins de santé,
– la densité du trafic,
– la pollution.
Les 10 premiers de l’année 2024 sont : 1. Luxembourg – 2. Pays-Bas – 3. Islande – 4. Danemark – 5. Finlande – 6. Oman – 7. Suisse – 8. Norvège – 9. Autriche – 10. Estonie. L’Espagne est 13e, le Portugal 20e, la France 32e, l’Italie 40e et la Grèce est 47e.
L’indice de bonheur selon les Nations unies
Mais est-ce vraiment dans ces pays-là que nous serons le plus heureux ? Le site Countryeconomy.com publie le rapport de l’enquête que mènent les Nations unies auprès de ses 156 pays membres. Les données prises en compte sont :
– le produit intérieur brut (PIB),
– l’espérance de vie,
– la générosité,
– la liberté,
– la corruption,
– le soutien social.
Et les lauréats sont : 1. Finlande – 2. Danemark – 3. Islande – 4. Suède – 5. Israël – 6. Pays-Bas – 7. Norvège – 8. Luxembourg – 9. Suisse – 10. Australie. Notons la belle 12e place du Costa Rica. Côté francophone, le Canada est 15e, la Belgique 16e et la France 27e. Curieusement, l’Espagne, le Portugal, l’Italie ou encore la Grèce pointent assez loin derrière.
5. Les facilités d’adaptation : Devenir un vrai citoyen de sa nouvelle patrie

La langue, la religion, les us et coutumes ainsi que la distance sont des freins potentiels à notre adaptation à notre nouveau lieu de résidence.
La langue
Si nous ne sommes pas à l’aise avec l’anglais, nous serons obligés de nous familiariser un minimum avec la langue pratiquée là où nous désirons nous installer. En tant que Francophones, il nous sera plus facile de comprendre, puis de nous débrouiller en espagnol, en italien, voire en portugais. Mais nous lancer dans l’apprentissage de l’arabe, du mandarin, du russe et des langues nordiques est une tâche nettement plus ardue.
La religion
La religion en vigueur peut, pour certains d’entre nous, être un autre frein à notre intégration. Ce sera le cas si nous sommes de fervents pratiquants et que nous avons besoin de nous recueillir dans un lieu de culte approprié. Il faudra aussi considérer quel est le degré de tolérance de notre pays d’adoption par rapport aux autres confessions. Nous le savons, cela pour nous être fatal dans certaines contrées du globe.
La distance avec notre pays d’origine
La distance peut être un élément décisif si nous souhaitons couper définitivement les ponts avec notre ancienne vie. Mais personne n’est à l’abri du mal du pays et les communications virtuelles ne remplaceront jamais les vraies rencontres. Pouvoir retrouver nos racines ou avoir le plaisir d’accueillir notre progéniture dans notre nouvelle patrie se complique s’il faut parcourir 15 000 km. La proximité facilite cela en termes de coût et de temps.
Le mode de vie
Comprendre le mode de vie de notre pays d’accueil est indispensable pour notre bien-être. Par mode de vie, j’entends :
– la façon de se comporter dans les relations avec autrui et dans sa propre vie,
– la manière de se vêtir, de se loger, de consommer et de se nourrir,
– la place que l’on accorde aux coutumes et aux rites culturels, religieux ou folkloriques.
Respecter le mode de vie de la population hôte et y adhérer autant qu’il soit possible est le meilleur chemin vers une parfaite intégration.
6. L’attrait touristique du pays : prendre du plaisir à découvrir tous les trésors de sa destination de retraite

La beauté naturelle est sans doute la première chose à laquelle nous pensons pour qualifier l’attirance qu’exerce une destination. Mais cela ne se limite évidemment pas aux paysages grandioses ou attachants. Il y a aussi le patrimoine. C’est-à-dire les témoins du passé, l’architecture civile, militaire et religieuse, les beaux-arts, le folklore, la gastronomie, le savoir-faire, etc. N’oublions pas non plus la vie culturelle et artistique.
Nous pouvons aussi être touchés par les valeurs de nos hôtes. Comment rester insensible parfois à leur bon sens et leur philosophie qui les rendent heureux avec parfois rien. L’accueil et la gentillesse légendaires sont aussi une facette de ce qu’est l’attrait d’un pays ou d’une région.
Chacun de nous, en fonction de ses valeurs et de ses centres d’intérêt, pourra dresser sa liste des envies. Bien entendu, tous les retraités ne s’expatrient pas. Mais si vous souhaitez le faire et hésitez quant à votre futur lieu de résidence, renseignez-vous au préalable. Essayer de voir où se situe votre destination souhaitée selon les critères évoqués plus haut. Recueillez les informations utiles sur le Web et dans les guides touristiques. Pensez également à consulter les conseils aux voyageurs dispensés par le gouvernement. Vous avez déjà choisi votre lieu de retraite ? Alors, parlez-nous de votre choix ! Et si c’était les Canaries ?