Vu depuis la plage d’Arenal Bol, l’énorme rocher du Peñón de Ifach de Calpe est très impressionnant. Je suis loin d’être un randonneur hors pair. Pourtant, je me suis lancé dans son ascension jusqu’à son sommet à 332 m au-dessus de la mer. Vous n’avez pas le vertige ? Alors, suivez-moi dans cette belle randonnée.
LE PARC NATUREL DU PEÑÓN DE IFACH
Avec ses 53 hectares, le parque natural del Peñón de Ifach est l’un des plus petits parcs naturels d’Europe. Malgré sa taille réduite, il est très intéressant pour sa flore spécifique, ses oiseaux, ses vestiges et, bien entendu, son rocher.
La flore et la faune
Plus de 300 espèces végétales y sont recensées. Certaines d’entre elles sont endémiques (spécifiques à la région) et font partie des plantes ibériques menacées de disparition. Au niveau de la faune, on peut observer de nombreux oiseaux comme le corbeau marin, le faucon d’Éléonore ou le goéland.
Les traces de l’activité humaine
La Pobla de Ifach est ce qui reste d’une enclave urbaine datant du 13e siècle, installée au pied du rocher et dominant la mer. Les vestiges comprennent une enceinte, qui protégeait des maisons, des entrepôts et une église. Il existe également de vagues ruines d’un village ibérique remontant au 4e siècle avant J.-C.
L’ASCENSION DU PEÑóN DE IFACH DE CALPE
Malgré la flore, les oiseaux et l’intérêt historique, l’ascension du Peñón de Ifach reste la première raison de la venue au parc. La distance totale (montée et descente) est d’environ 5 km. En fonction de la capacité de chacun et des temps d’arrêts, cette randonnée demande entre 2 heures et demie et 4 heures.
L’Accès au parque natural del PeñÓn de Ifach
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L’accès au parc est gratuit mais réglementé. Vous devez réserver votre entrée en vous inscrivant en ligne. Le guide de réservation de l’office de tourisme de Calpe vous donne toutes les instructions. Vous y trouverez aussi le lien vers le site de réservation. Vous pouvez vous rendre au parc en empruntant l’autobus (lignes 1 et 2) ou en taxi. Si vous y allez en voiture, sachez que le parking du centre d’accueil (entrée) est réservé aux personnes à mobilité réduite. Il faudra vous garer dans une des rues du quartier du port.
DU PORT DE CALPE JUSQu’AU TUNNEL

Depuis le niveau de la mer, une route asphaltée monte jusqu’au point d’accueil et d’information, situé à environ 75 m d’altitude. C’est là que vous devrez montrer que vous êtes bien inscrit·e. Si vous êtes contrôlé·e et que vous ne possédez pas le précieux sésame, vous n’aurez pas d’autre option que de rebrousser chemin.
Après avoir passé les tourniquets, puis gravi les quelques marches qui les suivent, l’ascension vers le tunnel s’effectue sur un chemin parfaitement stabilisé. La montée se fait en lacets parmi les pins et chaque tournant à 180° constitue un merveilleux belvédère. Tour à tour, la côte sud vers Altea et Benidorm et la côte nord vers Benissa et Moraira se dévoilent pour notre plaisir. C’est la partie la plus raide. Mais les quelques arrêts photos que j’ai effectués m’ont permis d’atteindre le tunnel sans difficulté. Et je suis un marcheur peu sportif.







Le tunnel DU PEÑóN DE IFACH
Situé à une altitude de 180 m et d’une longueur de 30 m, le tunnel a été creusé en 1918 dans la roche calcaire. Il n’est pas éclairé et son sol, fait de pierres humides est particulièrement glissant, surtout lors de la descente. Je ne saurais trop vous conseiller de vous aider des mains courantes en cordes fixées aux parois. J’ai voulu faire le malin en les ignorant et je me suis retrouvé 2 fois à terre !




En route vers le sommet du Peñón de Ifach
À la sortie du tunnel, le décor change radicalement. Le sentier est étroit et parfois parsemé de pierres entre lesquelles il faut progresser. Le chemin domine la mer et se faufile entre le spartium (sorte de genêt), le genévrier, le romarin et d’autres plantes méditerranéennes propres à la région.










Sur une distance d’environ 800 m, on flirte avec les 200 m d’altitude jusqu’à ce qu’il faille faire un choix. On peut continuer tout droit vers la pointe du promontoire (mais il faudra revenir sur nos pas) ou bifurquer à droite vers le sommet. C’est cette solution que j’ai suivie.
Ce dernier tronçon est de loin le plus difficile, à la montée et à la descente. D’une part, la pente est raide ; on passe de 200 m à 332 m d’altitude sur quelques centaines de mètres. D’autre part, il n’est plus vraiment question d’un chemin. En de nombreux endroits, il faut s’aider des cordes ancrées dans la roche pour se hisser toujours plus haut. De plus, il faut dépasser ceux qui ont le plus de difficultés et qui renoncent. Et enfin, il faut négocier les croisements avec les randonneurs qui progressent en sens inverse. J’ai failli douter, puis j’ai été tout surpris de constater que j’étais arrivé au sommet.



La RÉCOMPENSE : LE SOMPTUEUX PANORAMA À 360°
Une fois là-haut, de marcheur, je suis devenu photographe, car j’ai dû tirer le portrait de plusieurs personnes. Avec les dernières qui m’ont sollicité, j’ai négocié qu’elles me prennent ensuite en photo. Ben oui, cela méritait bien un souvenir ! Avant d’entamer la descente, j’ai bien entendu profiter des vues magnifiques sur Calpe, la mer et les côtes vers la Serra Gelada, qui protège Benidorm (au sud), et le cap de la Nao à Jávea (vers le nord).






Certes, il faut un minimum de condition physique pour effectuer cette randonnée. Mais, en prenant son temps et en faisant les arrêtes nécessaires, la plupart d’entre est capable de la réaliser. Cela en vaut vraiment la peine. N’hésitez donc pas à vous y aventurer si vous avez la chance d’être dans la région de Calpe.